Arrêter d’attendre et enfin tout espérer

Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste.
Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.

Mon quotidien est rempli d’attentes : envers les autres, envers moi-même, envers Dieu. Je passe ma vie à attendre, comme une femme sur un quai de gare, qui a froid, qui râle, qui a oublié ses gants et qui attend que le train arrive enfin, car alors j’aurai chaud et je pourrai profiter de ma journée en regardant un beau paysage défiler devant moi. J’attends en fait je ne sais quel train de satisfaction permanente, qui ne vient… jamais.

Attendre sans cesse

Ainsi, j’attends que l’autre me comprenne, qu’il réagisse comme moi, qu’il me demande pardon, qu’il me remercie, qu’il me foute la paix, qu’il m’aime évidemment, qu’il reconnaisse ma valeur, qu’il pose sur moi un regard qui me rassure. Mais ce n’est pas tout. J’attends aussi qu’on me propose un travail sur mesure avec mon rythme de maman de 4 enfants, j’attends de trouver un jour une maison pleine de charme au parquet qui craque, j’attends d’arriver un jour à répondre aux attentes de mes enfants et de mes proches, et j’attends évidemment que tous mes petites blessures et combats du quotidien se règlent comme des dossiers qu’on classe une bonne fois pour toute. Et Dieu dans tout ça ? et bien j’attends bien sûr qu’Il m’envoie des signes, qu’Il m’inonde de Sa Paix et Sa Joie, qu’Il règle mes problèmes, et qu’Il m’évite de souffrir.
Ça vous arrive aussi rassurez-moi ?!

Mais en fait, pourquoi attendre ?

Le résultat est accablant : de ces attentes, je n’en retire que tristesse, impatience, mésestime de moi et déceptions permanentes. Peut-être est-il temps de se demander pourquoi ?

Quand on attend de l’autre, on vit notre vie à travers sa vie, et inconsciemment, on se met à sa place, et on veut le contrôler : « s’il me demandait pardon, il serait plus heureux », « si seulement il me comprenait, tout serait plus simple », « s’il entendait ma fatigue, il y aurait moins de tensions », « après ce que je lui ai dit, il pourrait faire un effort », « s’il écoutait mes conseils, il aurait moins de problèmes », etc. Mais qui suis-je pour savoir mieux que l’autre ce qu’il est sensé dire ou faire ? N’est-ce pas très orgueilleux que d’exiger que l’autre réponde à mes attentes de petite fille gâtée ? Mes attentes sont-elles si légitimes ? Et moi, pourquoi suis-je si dépendante des autres ? Pourquoi tellement attendre que les autres me rendent heureuse ? Qu’est-ce que cela révèle de moi et de mon chemin de femme libre et responsable ?

Lorsque j’attends, je ne suis pas dans le présent, je ne ressens rien, je n’assume rien, je ne suis responsable de rien, je ne capte pas ce qui est. Je suis dans les pensées d’hier et les projections de demain, coupée du réel qui défile sous mes yeux. Je suis vide, et enchaînée. Car je ne suis pas faite pour attendre… mais pour vivre. 

Ne plus rien attendre, tout accueillir 

Que me dit le Seigneur ? Dieu n’attend de moi qu’une seule chose : que je Lui fasse confiance… C’est tout !

Peut-être est-ce une invitation à faire de même vis-à-vis de l’autre et de moi-même. Faire confiance en l’autre, c’est le laisser être qui il est. Le libérer de mes attentes, et moi aussi, me libérer de ses attentes. Si je n’attends plus rien, je peux alors accueillir dans ma vie ma vulnérabilité : « Accueillir sa propre vulnérabilité, c’est être capable de prendre en compte celle des autres, de la reconnaître et de l’accueillir sans la juger. Notre vulnérabilité nous rend capables d’empathie et cette empathie permet aux êtres humains de se soucier de leur responsabilité les uns vis-à-vis des autres. » V. Colin-Simard.
Car en fait, qu’est-ce que l’autre attend de moi ? Peut-être simplement que je me fasse confiance, pour pouvoir ensuite lui faire confiance.

Espérer, c’est vivre l’éternité

Que cette nouvelle année qui nous est donnée soit remplie, non pas d’attentes, mais d’espérance. Prenons un peu de recul, dé-zoomons nos regards crispés, prenons de la hauteur, et posons sur nos vies, sur les autres, et sur nous-mêmes, un regard qui espère, qui envisage, qui voit tout depuis le balcon de l’éternité. Dieu, qui nous voit avec une perspective d’éternité, nous invite à faire de même. Laissons le réel et le temps nous parler de nous, des autres, et de Dieu, et avançons, confiants, responsables et libres.

« Ainsi, ne s’agit-il que de vivre ce qui nous rencontre. » Ch. Singer.

En accueillant ce qui est, tout devient alors possible.

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Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste. Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.

Mon quotidien est rempli d’attentes : envers les autres, envers moi-même, envers Dieu. Je passe ma vie à attendre, comme une femme sur un quai de gare, qui a froid, qui râle, qui a oublié ses gants et qui attend que le train arrive enfin, car alors j’aurai chaud et je pourrai profiter de ma journée en regardant un beau paysage défiler devant moi. J’attends en fait je ne sais quel train de satisfaction permanente, qui ne vient… jamais.

Attendre sans cesse

Ainsi, j’attends que l’autre me comprenne, qu’il réagisse comme moi, qu’il me demande pardon, qu’il me remercie, qu’il me foute la paix, qu’il m’aime évidemment, qu’il reconnaisse ma valeur, qu’il pose sur moi un regard qui me rassure. Mais ce n’est pas tout. J’attends aussi qu’on me propose un travail sur mesure avec mon rythme de maman de 4 enfants, j’attends de trouver un jour une maison pleine de charme au parquet qui craque, j’attends d’arriver un jour à répondre aux attentes de mes enfants et de mes proches, et j’attends évidemment que tous mes petites blessures et combats du quotidien se règlent comme des dossiers qu’on classe une bonne fois pour toute. Et Dieu dans tout ça ? et bien j’attends bien sûr qu’Il m’envoie des signes, qu’Il m’inonde de Sa Paix et Sa Joie, qu’Il règle mes problèmes, et qu’Il m’évite de souffrir.
Ça vous arrive aussi rassurez-moi ?!

Mais en fait, pourquoi attendre ?

Le résultat est accablant : de ces attentes, je n’en retire que tristesse, impatience, mésestime de moi et déceptions permanentes. Peut-être est-il temps de se demander pourquoi ?

Quand on attend de l’autre, on vit notre vie à travers sa vie, et inconsciemment, on se met à sa place, et on veut le contrôler : « s’il me demandait pardon, il serait plus heureux », « si seulement il me comprenait, tout serait plus simple », « s’il entendait ma fatigue, il y aurait moins de tensions », « après ce que je lui ai dit, il pourrait faire un effort », « s’il écoutait mes conseils, il aurait moins de problèmes », etc. Mais qui suis-je pour savoir mieux que l’autre ce qu’il est sensé dire ou faire ? N’est-ce pas très orgueilleux que d’exiger que l’autre réponde à mes attentes de petite fille gâtée ? Mes attentes sont-elles si légitimes ? Et moi, pourquoi suis-je si dépendante des autres ? Pourquoi tellement attendre que les autres me rendent heureuse ? Qu’est-ce que cela révèle de moi et de mon chemin de femme libre et responsable ?

Lorsque j’attends, je ne suis pas dans le présent, je ne ressens rien, je n’assume rien, je ne suis responsable de rien, je ne capte pas ce qui est. Je suis dans les pensées d’hier et les projections de demain, coupée du réel qui défile sous mes yeux. Je suis vide, et enchaînée. Car je ne suis pas faite pour attendre… mais pour vivre. 

Ne plus rien attendre, tout accueillir 

Que me dit le Seigneur ? Dieu n’attend de moi qu’une seule chose : que je Lui fasse confiance… C’est tout !

Peut-être est-ce une invitation à faire de même vis-à-vis de l’autre et de moi-même. Faire confiance en l’autre, c’est le laisser être qui il est. Le libérer de mes attentes, et moi aussi, me libérer de ses attentes. Si je n’attends plus rien, je peux alors accueillir dans ma vie ma vulnérabilité : « Accueillir sa propre vulnérabilité, c’est être capable de prendre en compte celle des autres, de la reconnaître et de l’accueillir sans la juger. Notre vulnérabilité nous rend capables d’empathie et cette empathie permet aux êtres humains de se soucier de leur responsabilité les uns vis-à-vis des autres. » V. Colin-Simard.
Car en fait, qu’est-ce que l’autre attend de moi ? Peut-être simplement que je me fasse confiance, pour pouvoir ensuite lui faire confiance.

Espérer, c’est vivre l’éternité

Que cette nouvelle année qui nous est donnée soit remplie, non pas d’attentes, mais d’espérance. Prenons un peu de recul, dé-zoomons nos regards crispés, prenons de la hauteur, et posons sur nos vies, sur les autres, et sur nous-mêmes, un regard qui espère, qui envisage, qui voit tout depuis le balcon de l’éternité. Dieu, qui nous voit avec une perspective d’éternité, nous invite à faire de même. Laissons le réel et le temps nous parler de nous, des autres, et de Dieu, et avançons, confiants, responsables et libres.

« Ainsi, ne s’agit-il que de vivre ce qui nous rencontre. » Ch. Singer.

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