La vulnérabilité, repos de l’âme

Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste.
Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.

Alors que la rentrée est bientôt là, remontons un peu à Juin pour prendre un peu de hauteur ! Bien sûr, le mois de juin est un marathon inhumain pour la maman que je suis. Il est la dernière ligne droite avant la trève, il faut accélérer encore le rythme du quotidien, entre la première communion de notre aînée, les pique-niques des sorties d’école, les spectacles de fin d’année, les cadeaux aux maîtresses, et l’organisation du planning des activités extrascolaires de l’année prochaine… sans compter une rage de dent qui me terrasse, un enfant qui chute lourdement et qui a besoin de soins, et la fatigue de chacun à gérer… C’est tout ? Non, ce serait trop simple J. Au mois de juin, il faut aussi décider de mes engagements de la rentrée, en ayant l’audace de dire “oui” à des nouveaux projets, et le courage de dire “non, c’est trop”.

Savoir dire non

Dire non. Exercice compliqué pour la mère perfectionniste que je suis. Vous connaissez aussi cette perfection pathologique qui vous épuise car rien n’est jamais “assez”? Qui vous fait culpabiliser de ne pas arriver à respecter 2x trop d’engagements? Cette pensée toxique: “mais que vont penser les gens?” vous passe par la tête aussi? Il faut combattre ce perfectionnisme : “Le perfectionnisme est un système de croyances addictif et autodestructeur qui alimente principalement cette pensée: si j’ai l’air parfait et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou atténuer les sentiments douloureux de honte, de jugement et de reproche. Le perfectionnisme est autodestructeur, tout simplement parce que la perfection n’existe pas. C’est un but inaccessible.” Brené Brown

Renoncer

Non, je ne pourrai pas accepter encore plus d’engagements l’an prochain, même si ce sont des supers projets. Le problème, c’est que spontanément, je les avais tous acceptés! Mais quand j’ai fait la liste des…10 engagements pris, un vertige m’a envahie: je n’arriverai jamais à les tenir, en plus des enfants et de notre vie de famille. Impossible. Il m’a donc fallu prendre mon courage à deux mains, et dire “non”. Je me suis sentie soudain très vulnérable, et honteuse. Je m’étais engagée, et je dois renoncer. Ce n’est pas du tout confortable quand on est perfectionniste…

Accueillir sa vulnérabilité

Cette vulnérabilité, j’apprends à l’acceuillir et à la voir comme le seul remède efficace. Oui, cette vulnérabilité, je l’aime de plus en plus, car elle me permet d’être à l’écoute de mes besoins, de laisser un minimum de légèreté dans mon quotidien, et de me sentir libre. Je n’ai définitivement pas besoin de m’épuiser, mais d’être comblée, comme le dit si bien A. de Riveaulx.
Suis-je vraiment faible si je laisse voir mes limites et mon imperfection? Et si, au contraire, c’était une preuve de courage et de force? “Je sais que c’est difficile à croire, surtout quand on a passé sa vie à penser que vulnérabilité et faiblesse étaient synonymes, mais c’est vrai. Je définis la vulnérabilité comme l’incertitude, la prise de risque, l’ouverture émotionnelle.” Brené Brawn

En acceptant de montrer sa vulnérabilité aux autres, on leur donne le droit de montrer la leur. On casse cette spirale infernale du “jamais assez”, du “faire plaisir”, et du parfaire. Spirale qui épuise, qui assèche, et qui nous plonge dans l’anxiété et la dépression, car ça ne suffit jamais. Ce petit exercice du renoncement m’a fait ouvrir les yeux. Je dois continuer à apprendre à dire “non” librement.

Il est encore temps !

Alors que l’été est encore là, il est encore temps de montrer à mes proches, en particulier à mon mari et à mes enfants, que je suis vulnérable, et qu’eux aussi, peuvent l’être. Le premier jour de leurs vacances, je leur ai donc demandé que chacun exprime ses besoins et ses envies pour les 6 prochaines semaines. Merveilleux moment, étonnant, où les grandes ont pu exprimer leur besoin de calme, de temps privilégiés avec maman et papa, et leur besoin aussi de pouvoir “faire les folles”. Elles m’ont ensuite spontanément demandé: “et toi maman, quels sont tes besoins ?”. Ce fut un temps d’échange de grande qualité, que les enfants ont adoré. “Merci maman de nous avoir posé la question” m’ont-elles dit au moment de les coucher.

Je peux laisser la place au repos, à la lenteur, et à la douceur de vivre. “La vulnérabilité est le terreau de l’amour, de l’intimité, de la joie, du courage, de l’empathie et de la créativité. Elle est la source de l’espoir, de la responsabilité et de l’authenticité. Quand on veut éclaircir ses objectifs et mener une vie spirituelle, la vulnérabilité est la voie à emprunter.” Brené Brown*

Alors…bonnes fin de vacances ! Même si elles ne sont pas que de tout repos, prenons le temps d’être soi. D’être vrai. Cela suffit.

 

* Je vous conseille ce livre de Brené Brown “Le Pouvoir de la Vulnérabilité. La vulnérabilité est une force qui peut transformer votre vie.”

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Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste. Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.

Alors que la rentrée est bientôt là, remontons un peu à Juin pour prendre un peu de hauteur ! Bien sûr, le mois de juin est un marathon inhumain pour la maman que je suis. Il est la dernière ligne droite avant la trève, il faut accélérer encore le rythme du quotidien, entre la première communion de notre aînée, les pique-niques des sorties d’école, les spectacles de fin d’année, les cadeaux aux maîtresses, et l’organisation du planning des activités extrascolaires de l’année prochaine… sans compter une rage de dent qui me terrasse, un enfant qui chute lourdement et qui a besoin de soins, et la fatigue de chacun à gérer… C’est tout ? Non, ce serait trop simple J. Au mois de juin, il faut aussi décider de mes engagements de la rentrée, en ayant l’audace de dire “oui” à des nouveaux projets, et le courage de dire “non, c’est trop”.

Savoir dire non

Dire non. Exercice compliqué pour la mère perfectionniste que je suis. Vous connaissez aussi cette perfection pathologique qui vous épuise car rien n’est jamais “assez”? Qui vous fait culpabiliser de ne pas arriver à respecter 2x trop d’engagements? Cette pensée toxique: “mais que vont penser les gens?” vous passe par la tête aussi? Il faut combattre ce perfectionnisme : “Le perfectionnisme est un système de croyances addictif et autodestructeur qui alimente principalement cette pensée: si j’ai l’air parfait et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou atténuer les sentiments douloureux de honte, de jugement et de reproche. Le perfectionnisme est autodestructeur, tout simplement parce que la perfection n’existe pas. C’est un but inaccessible.” Brené Brown

Renoncer

Non, je ne pourrai pas accepter encore plus d’engagements l’an prochain, même si ce sont des supers projets. Le problème, c’est que spontanément, je les avais tous acceptés! Mais quand j’ai fait la liste des…10 engagements pris, un vertige m’a envahie: je n’arriverai jamais à les tenir, en plus des enfants et de notre vie de famille. Impossible. Il m’a donc fallu prendre mon courage à deux mains, et dire “non”. Je me suis sentie soudain très vulnérable, et honteuse. Je m’étais engagée, et je dois renoncer. Ce n’est pas du tout confortable quand on est perfectionniste…

Accueillir

Cette vulnérabilité, j’apprends à l’acceuillir et à la voir comme le seul remède efficace. Oui, cette vulnérabilité, je l’aime de plus en plus, car elle me permet d’être à l’écoute de mes besoins, de laisser un minimum de légèreté dans mon quotidien, et de me sentir libre. Je n’ai définitivement pas besoin de m’épuiser, mais d’être comblée, comme le dit si bien A. de Riveaulx.
Suis-je vraiment faible si je laisse voir mes limites et mon imperfection? Et si, au contraire, c’était une preuve de courage et de force? “Je sais que c’est difficile à croire, surtout quand on a passé sa vie à penser que vulnérabilité et faiblesse étaient synonymes, mais c’est vrai. Je définis la vulnérabilité comme l’incertitude, la prise de risque, l’ouverture émotionnelle.” Brené Brawn

En acceptant de montrer sa vulnérabilité aux autres, on leur donne le droit de montrer la leur. On casse cette spirale infernale du “jamais assez”, du “faire plaisir”, et du parfaire. Spirale qui épuise, qui assèche, et qui nous plonge dans l’anxiété et la dépression, car ça ne suffit jamais. Ce petit exercice du renoncement m’a fait ouvrir les yeux. Je dois continuer à apprendre à dire “non” librement.

Il est encore temps !

Alors que l’été est encore là, il est encore temps de montrer à mes proches, en particulier à mon mari et à mes enfants, que je suis vulnérable, et qu’eux aussi, peuvent l’être. Le premier jour de leurs vacances, je leur ai donc demandé que chacun exprime ses besoins et ses envies pour les 6 prochaines semaines. Merveilleux moment, étonnant, où les grandes ont pu exprimer leur besoin de calme, de temps privilégiés avec maman et papa, et leur besoin aussi de pouvoir “faire les folles”. Elles m’ont ensuite spontanément demandé: “et toi maman, quels sont tes besoins ?”. Ce fut un temps d’échange de grande qualité, que les enfants ont adoré. “Merci maman de nous avoir posé la question” m’ont-elles dit au moment de les coucher.

Je peux laisser la place au repos, à la lenteur, et à la douceur de vivre. “La vulnérabilité est le terreau de l’amour, de l’intimité, de la joie, du courage, de l’empathie et de la créativité. Elle est la source de l’espoir, de la responsabilité et de l’authenticité. Quand on veut éclaircir ses objectifs et mener une vie spirituelle, la vulnérabilité est la voie à emprunter.” Brené Brown*

Alors…bonnes fin de vacances ! Même si elles ne sont pas que de tout repos, prenons le temps d’être soi. D’être vrai. Cela suffit.

 

* Je vous conseille ce livre de Brené Brown “Le Pouvoir de la Vulnérabilité. La vulnérabilité est une force qui peut transformer votre vie.”

 

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