Confinée, mais pas désespérée

Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste.
Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.

Aujourd’hui, je ressens une certaine ambiguïté quand je réfléchis à mon quotidien de maman confinée. Je le reconnais, il y a quand même des avantages à être forcé de rester chez soi en famille.

Notre foyer, ce lieu saint

A défaut de ne pouvoir vivre le Triduum comme chaque année avec les autres familles chrétiennes du diocèse, nous nous sommes retrouvés entre nous. Grâce à ce site de PrierEnFamille, nous avons téléchargé les célébrations durant ces 3 jours saints, et avons fait preuve de créativité pour les vivre au mieux. Et bien… nous avons vécus de très beaux moments de prière ! Un chemin de croix de plus de 2h dans la nature, à vélo, que les enfants ont adoré, une veillée de prière le samedi soir très intense, suivi d’un repas animé sur ce qu’est la résurrection et le paradis. Notre dimanche de Pâques était calme et joyeux, et cette Paix et cette Joie de Pâques ont eu le temps de prendre leur place en nos cœurs.

Un rythme… humain

Et puis, je l’avoue, avoir dû cesser ce rythme infernal est quand même une libération ! Ne plus passer sa journée à dire à mes enfants : « dépêche-toi », « on va être en retard ! », « allez, attachez-vous ! », « allez vite mettre votre pyjama, et venez vite souper », « vous allez rater le bus si vous ne vous dépêchez pas ! », etc.

Ce « STOP » forcé me libère et me fait rentrer dans un rythme beaucoup plus humain. Nous avons besoin de temps, pour nous respecter nous-même, et respecter les autres. Le temps est un bien précieux que notre nature humaine se doit d’écouter. Il y a une urgence à redevenir patient, et à investir chaque instant, chaque geste, même les plus anodins, du quotidien. Se hâter lentement… quelle joie.

Silence et solitude, j’ai besoin de vous !

Oui, je suis d’accord, il n’empêche pas moins que ce confinement reste épuisant. Le pire pour moi ? Le manque de silence, et le manque de solitude.

Le silence… Après un mois de confinement, je commence vraiment à avoir des voix dans ma tête ! Mes enfants parlent du matin au soir, racontent tout le temps la même chose, se disputent pour toujours les mêmes raisons, et mon petit dernier de trois ans me raconte tellement d’histoires absurdes que j’ai l’impression qu’il est bourré en permanence.

Pour survivre, j’ai eu la chance de partir m’isoler pendant 48H dans la nature. L’écrivain Sylvain Tesson a raison : « tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu ». J’ai pris conscience que le silence fait partie d’un de mes besoins vitaux ! Je ne pourrai pas m’isoler dans une cabane tous les quinze jours (malheureusement), mais à moi de veiller à me prendre des temps de silence dans ma journée : le matin avant le lever des enfants, durant le temps calme du début d’après-midi, et pourquoi pas en me donnant le droit de porter un casque anti-bruit de temps en temps.

Mon deuxième besoin devenu vital en ce moment, c’est de me donner le droit d’avoir envie d’être seule. Je ne suis pas une mauvaise mère si j’ai besoin de solitude. Au contraire, c’est nécessaire pour mon équilibre psychologique… et spirituel, et donc pour l’équilibre de toute la famille. Quand je suis seule, je peux (enfin !) prendre un minimum de recul par rapport à cette réalité épuisante de confinement, respirer, et être à l’écoute de cet Autre qui m’habite.

Le silence et la solitude sont nécessaires pour laisser Dieu être présent en moi, et être à l’écoute de Sa Présence dans mes journées. Alors même s’ils sont rares, donnons-nous les moyens de les fixer comme nos priorités, ne fut-ce que 20 min par ci, par là : sortir seule se balader dans le quartier, ou s’enfermer dans sa chambre pendant la sieste du petit dernier, en  laissant les grands jouer entre eux. Je peux alors Lui redire : « Seigneur, viens refaire mes forces, je m’appuie sur Toi, Tu es mon Rocher, et mon Berger, je ne manque de rien ». Suivons les conseils de sainte Thérèse-Bénédicte de la  Croix (Edith Stein) :

« Quand il n’est pas possible d’obtenir le moindre calme extérieur, quand on n’a pas de pièce où se retirer, quand des devoirs impérieux empêchent une seule heure de silence, alors se retirer au moins en soi le temps d’un clin d’œil et s’enfuir auprès du Seigneur. Il est là et peut nous donner ce dont nous avons besoin en un unique clin d’œil. »

Articles d’Hélène

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Mi-juin, je me suis retrouvée face à un mur : les vacances d’été allaient bientôt commencer. Quelle horreur ! Après avoir survécu aux 2 mois de confinement avec mes 4 enfants, il m’était demandé de devoir à nouveau les avoir en permanence avec moi, sur moi, et autour de moi.

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A défaut de ne pouvoir vivre le Triduum comme chaque année avec les autres familles chrétiennes du diocèse, nous nous sommes retrouvés entre nous. Grâce à ce site de PrierEnFamille, nous avons téléchargé les célébrations durant ces 3 jours saints, et avons fait preuve de créativité pour les vivre au mieux. Et bien… nous avons vécus de très beaux moments de prière ! Un chemin de croix de plus de 2h dans la nature, à vélo, que les enfants ont adoré, une veillée de prière le samedi soir très intense, suivi d’un repas animé sur ce qu’est la résurrection et le paradis. Notre dimanche de Pâques était calme et joyeux, et cette Paix et cette Joie de Pâques ont eu le temps de prendre leur place en nos cœurs.

Un rythme… humain

Et puis, je l’avoue, avoir dû cesser ce rythme infernal est quand même une libération ! Ne plus passer sa journée à dire à mes enfants : « dépêche-toi », « on va être en retard ! », « allez, attachez-vous ! », « allez vite mettre votre pyjama, et venez vite souper », « vous allez rater le bus si vous ne vous dépêchez pas ! », etc.

Ce « STOP » forcé me libère et me fait rentrer dans un rythme beaucoup plus humain. Nous avons besoin de temps, pour nous respecter nous-même, et respecter les autres. Le temps est un bien précieux que notre nature humaine se doit d’écouter. Il y a une urgence à redevenir patient, et à investir chaque instant, chaque geste, même les plus anodins, du quotidien. Se hâter lentement… quelle joie.

j’ai besoin de vous !

Oui, je suis d’accord, il n’empêche pas moins que ce confinement reste épuisant. Le pire pour moi ? Le manque de silence, et le manque de solitude.

Le silence… Après un mois de confinement, je commence vraiment à avoir des voix dans ma tête ! Mes enfants parlent du matin au soir, racontent tout le temps la même chose, se disputent pour toujours les mêmes raisons, et mon petit dernier de trois ans me raconte tellement d’histoires absurdes que j’ai l’impression qu’il est bourré en permanence.

Pour survivre, j’ai eu la chance de partir m’isoler pendant 48H dans la nature. L’écrivain Sylvain Tesson a raison : « tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu ». J’ai pris conscience que le silence fait partie d’un de mes besoins vitaux ! Je ne pourrai pas m’isoler dans une cabane tous les quinze jours (malheureusement), mais à moi de veiller à me prendre des temps de silence dans ma journée : le matin avant le lever des enfants, durant le temps calme du début d’après-midi, et pourquoi pas en me donnant le droit de porter un casque anti-bruit de temps en temps.

Mon deuxième besoin devenu vital en ce moment, c’est de me donner le droit d’avoir envie d’être seule. Je ne suis pas une mauvaise mère si j’ai besoin de solitude. Au contraire, c’est nécessaire pour mon équilibre psychologique… et spirituel, et donc pour l’équilibre de toute la famille. Quand je suis seule, je peux (enfin !) prendre un minimum de recul par rapport à cette réalité épuisante de confinement, respirer, et être à l’écoute de cet Autre qui m’habite.

Le silence et la solitude sont nécessaires pour laisser Dieu être présent en moi, et être à l’écoute de Sa Présence dans mes journées. Alors même s’ils sont rares, donnons-nous les moyens de les fixer comme nos priorités, ne fut-ce que 20 min par ci, par là : sortir seule se balader dans le quartier, ou s’enfermer dans sa chambre pendant la sieste du petit dernier, en  laissant les grands jouer entre eux. Je peux alors Lui redire : « Seigneur, viens refaire mes forces, je m’appuie sur Toi, Tu es mon Rocher, et mon Berger, je ne manque de rien ». Suivons les conseils de sainte Thérèse-Bénédicte de la  Croix (Edith Stein) :

« Quand il n’est pas possible d’obtenir le moindre calme extérieur, quand on n’a pas de pièce où se retirer, quand des devoirs impérieux empêchent une seule heure de silence, alors se retirer au moins en soi le temps d’un clin d’œil et s’enfuir auprès du Seigneur. Il est là et peut nous donner ce dont nous avons besoin en un unique clin d’œil. »