Les enfants et le jeu

Caroline Baertschi travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ®
Elle est mariée, mère de deux adultes,  grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

Vouloir soutenir la spiritualité de l’enfant, c’est aussi lui permettre de jouer. Bien sûr, jusqu’à l’âge de rentrer à l’école, les enfants passent leur temps à jouer. Mais ensuite ? et de quel JEU parle-t-on ?

Le jeu est fondamental

Des recherches présentées par Winnicott montrent que le jeu est fondamental à l’humanité. Ce sont même tous les mammifères qui continuent à jouer depuis des millénaires ! Entendons-nous bien : il s’agit du jeu amusant ; qui procure du plaisir ; sans viser un résultat : jouer « parce que ». Le jeu contribue à la créativité et peut emmener dans une profonde concentration. Et lorsque l’enfant est perdu dans son jeu, absorbé à sa tâche cela l’aide à gérer la tension entre sa réalité intérieure et la réalité extérieure. Le jeu sert de transition entre ce que vit l’enfant et le monde dans lequel il évolue, il l’aide à s’approprier son environnement. Il expérimente ce qui est « moi » et « non-moi », ainsi que des sensations, des émotions de la vie à travers le jeu. Et lorsqu’un enfant tout à coup envoie tout en l’air, c’est qu’il atteint une limite et n’arrive plus gérer l’émotion suscitée par le jeu.

Jouer favorise la spiritualité

Jouer à « si j’étais » prépare l’enfant aux rôles sociaux et à l’apprentissage des langages. Le jeu est un acte volontaire, on ne peut obliger personne à jouer : l’enfant fixe lui-même les limites de son jeu et il y met fin quand il veut. Avec le jeu, les enfants explorent leurs questions existentielles comme la solitude, la mort, la souffrance, la guerre. Jouer donne une place à la vie intérieure, à sa propre intimité qui permet de s’ouvrir aux relations avec soi-même, avec Dieu, avec les autres, avec la nature. Jouer favorise la spiritualité.
Nous rendons-nous compte de l’importance de laisser les enfants jouer ? De jouer seuls ? De les regarder jouer et de nous émerveiller ?
Parfois les enfants aiment tellement jouer qu’ils vont manger rapidement, ou peu, pour pouvoir retourner au plus vite à leur activité préférée.

Et si nous entrions dans le jeu ?

Parfois, les enfants aimeraient continuer à jouer… en mangeant. Pourtant, n’avons-nous pas l’habitude de leur dire « on ne joue pas en mangeant » ? Que de bagarres nous voyons autour des repas avec les enfants qui ne veulent pas manger… Et si nous entrions avec eux dans le jeu ? Si nous aidions ces enfants à mieux vivre le moment du repas ? Ne retrouveraient-ils pas le plaisir de se nourrir ? D’ailleurs qui n’a pas fait « l’avion » avec une cuillère pour que le bébé ouvre la bouche et accepte la bouchée ? Ou quel parent n’a pas dit « une cuillère pour maman, une cuillère pour papa, une cuillère pour… » ? Cela implique de prendre du temps. Les parents le font avec les bébés mais dès que les enfants savent manger seuls, on devient plus exigeants. Pourquoi ne pas continuer encore quelques temps ? Tant que l’enfant en a besoin ?

Mon petit-fils et le jeu

Mon petit-fils a quatre ans et il fait partie de ces enfants plus intéressés par le jeu que par la nourriture. Et depuis qu’il est tout petit, lorsque nous mangeons ensemble, nous jouons. Les assiettes joliment décorées, prévues pour les enfants, lui donnent des idées… Une fois, il me montre l’un ou l’autre des objets dessinés et demande que je chante quelque chose sur chacun. Après chaque chansonnette (souvent inventée !), il avale une cuillère. Une autre fois, je dois dire ce que je vois sur son assiette, et lorsqu’il me montre le dessin, il prend une bouchée. Et il ne se lasse jamais. Bien sûr il sait très bien s’arrêter aussi, quand il n’a plus faim, et pas parce qu’il veut retourner jouer.

Le jeu dans la bible

Et dans la Bible que trouvons-nous sur le jeu et les enfants ?
Quand la Sagesse elle‐même est comparée à un enfant qui joue joyeusement devant Dieu (Proverbes 8,30), cela relie notre nature créative à notre sagesse ludique. Quand le prophète Zacharie (8,5) nous annonce qu’à la venue de Dieu à Jérusalem, hommes et femmes âgés seront à nouveau assis calmement dans la rue et que «la ville sera pleine de filles et de garçons jouant dans ses ruelles», nous savons que le jeu fait partie de cette communauté idéale

Je me demande de quelle manière peut-on jouer avec Dieu ?

Vous n’avez pas encore le livre de Caroline Baertschi-Lopez ? Vous pouvez vous le procurer directement chez elle en cliquant ici.

Bibliographie :
Berryman Jerome W., Pratiquer Godly Play, accompagner le développement spirituel de l’enfant, édition française à paraître, 2019.
Winnicott Donald W., Jeu et réalité, Gallimard, 1971, traduction française 1975.

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les enfants et le jeu

Caroline Baertschi-Lopez travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ® Elle est mariée, mère de deux adultes, grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

Vouloir soutenir la spiritualité de l’enfant, c’est aussi lui permettre de jouer. Bien sûr, jusqu’à l’âge de rentrer à l’école, les enfants passent leur temps à jouer. Mais ensuite ? et de quel JEU parle-t-on ?

Il est fondamental

Des recherches présentées par Winnicott montrent que le jeu est fondamental à l’humanité. Ce sont même tous les mammifères qui continuent à jouer depuis des millénaires ! Entendons-nous bien : il s’agit du jeu amusant ; qui procure du plaisir ; sans viser un résultat : jouer « parce que ». Le jeu contribue à la créativité et peut emmener dans une profonde concentration. Et lorsque l’enfant est perdu dans son jeu, absorbé à sa tâche cela l’aide à gérer la tension entre sa réalité intérieure et la réalité extérieure. Le jeu sert de transition entre ce que vit l’enfant et le monde dans lequel il évolue, il l’aide à s’approprier son environnement. Il expérimente ce qui est « moi » et « non-moi », ainsi que des sensations, des émotions de la vie à travers le jeu. Et lorsqu’un enfant tout à coup envoie tout en l’air, c’est qu’il atteint une limite et n’arrive plus gérer l’émotion suscitée par le jeu.

Jeu et spiritualité

Jouer à « si j’étais » prépare l’enfant aux rôles sociaux et à l’apprentissage des langages. Le jeu est un acte volontaire, on ne peut obliger personne à jouer : l’enfant fixe lui-même les limites de son jeu et il y met fin quand il veut. Avec le jeu, les enfants explorent leurs questions existentielles comme la solitude, la mort, la souffrance, la guerre. Jouer donne une place à la vie intérieure, à sa propre intimité qui permet de s’ouvrir aux relations avec soi-même, avec Dieu, avec les autres, avec la nature. Jouer favorise la spiritualité.
Nous rendons-nous compte de l’importance de laisser les enfants jouer ? De jouer seuls ? De les regarder jouer et de nous émerveiller ?
Parfois les enfants aiment tellement jouer qu’ils vont manger rapidement, ou peu, pour pouvoir retourner au plus vite à leur activité préférée.

Entrer dans le jeu ?

Parfois, les enfants aimeraient continuer à jouer… en mangeant. Pourtant, n’avons-nous pas l’habitude de leur dire « on ne joue pas en mangeant » ? Que de bagarres nous voyons autour des repas avec les enfants qui ne veulent pas manger… Et si nous entrions avec eux dans le jeu ? Si nous aidions ces enfants à mieux vivre le moment du repas ? Ne retrouveraient-ils pas le plaisir de se nourrir ? D’ailleurs qui n’a pas fait « l’avion » avec une cuillère pour que le bébé ouvre la bouche et accepte la bouchée ? Ou quel parent n’a pas dit « une cuillère pour maman, une cuillère pour papa, une cuillère pour… » ? Cela implique de prendre du temps. Les parents le font avec les bébés mais dès que les enfants savent manger seuls, on devient plus exigeants. Pourquoi ne pas continuer encore quelques temps ? Tant que l’enfant en a besoin ?

Mon petit-fils

Mon petit-fils a quatre ans et il fait partie de ces enfants plus intéressés par le jeu que par la nourriture. Et depuis qu’il est tout petit, lorsque nous mangeons ensemble, nous jouons. Les assiettes joliment décorées, prévues pour les enfants, lui donnent des idées… Une fois, il me montre l’un ou l’autre des objets dessinés et demande que je chante quelque chose sur chacun. Après chaque chansonnette (souvent inventée !), il avale une cuillère. Une autre fois, je dois dire ce que je vois sur son assiette, et lorsqu’il me montre le dessin, il prend une bouchée. Et il ne se lasse jamais. Bien sûr il sait très bien s’arrêter aussi, quand il n’a plus faim, et pas parce qu’il veut retourner jouer.

dans la bible

Et dans la Bible que trouvons-nous sur le jeu et les enfants ?
Quand la Sagesse elle‐même est comparée à un enfant qui joue joyeusement devant Dieu (Proverbes 8,30), cela relie notre nature créative à notre sagesse ludique. Quand le prophète Zacharie (8,5) nous annonce qu’à la venue de Dieu à Jérusalem, hommes et femmes âgés seront à nouveau assis calmement dans la rue et que «la ville sera pleine de filles et de garçons jouant dans ses ruelles», nous savons que le jeu fait partie de cette communauté idéale

Je me demande de quelle manière peut-on jouer avec Dieu ?

Vous n’avez pas encore le livre de Caroline Baertschi-Lopez ? Vous pouvez vous le procurer directement chez elle en cliquant ici.

Bibliographie :
Berryman Jerome W., Pratiquer Godly Play, accompagner le développement spirituel de l’enfant, édition française à paraître, 2019.
Winnicott Donald W., Jeu et réalité, Gallimard, 1971, traduction française 1975.

 

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