Soutenir la spiritualité de l’enfant

Caroline Baertschi travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ®
Elle est mariée, mère de deux adultes,  grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

Les chroniques avant Noël ont présenté les qualités de l’enfant qui lui permettent d’être naturellement relié à Dieu, nommé aussi l’Être, la Transcendance, etc. Le petit a déjà une expérience de Celui qui EST présent dans sa vie intérieure. Avec l’acrostiche E-S-P-R-I-T* nous avons exploré ces qualités en nous demandant pour chacune d’elles comment soutenir et favoriser la spiritualité de l’enfant.Nous pouvons aussi continuer à nous amuser en reprenant ces lettres pour définir six critères qui encouragent la vie intérieure des enfants :

E – comme Espace

Il est essentiel que les enfants aient un espace physique pour eux, un lieu où ils se sentent bien, en sécurité, et où ils peuvent jouer et développer toutes les formes d’intelligences, parler et se savoir écoutés et entendus avec respect. Cela peut paraître évident dans le foyer familial même si ce n’est malheureusement pas toujours le cas.
Pour les moments de prière en famille prévus, l’aménagement d’un petit coin peut aider à se préparer, avec une bougie, une icône. L’espace intérieur est tout aussi important : demandons-nous, avec les enfants, comment pouvons-nous nous préparer pour être prêts ?
Et dans nos paroisses de Suisse Romande ? Je me demande quelle place est donnée aux enfants ? La catéchèse occupe souvent une grande place dans la pastorale, étant une des principales activités. Pourtant, combien de lieux offrent une salle uniquement réservée aux enfants ? Que je sache, pas beaucoup… Le plus souvent, on préfère garder les lieux pour les réunions d’adultes occasionnelles ou les locations. Les enfants sentent-ils qu’ils sont accueillis et bienvenus dans l’église en voyant par exemple des photos d’enfants aux murs, ou une place réservée pour eux pendant les célébrations ? Ont-ils du beau matériel, à leur portée, qui ne présente aucun danger, pour les laisser exprimer leur créativité ?

Pourquoi ce qui semble normal à la maison ne l’est pas dans les lieux d’église où on a aussi le souci de la vie spirituelle ?

S – comme Silence

Bon nombre d’adultes partent chercher du silence hors de la vie quotidienne bruyante et tumultueuse dans le désert, ou à la montagne, ou dans des monastères. Nous sentons combien il est vital pour notre équilibre et notre santé mentale. Les enfants aussi vivent aujourd’hui dans un monde encombré de sollicitations sonores, eux aussi ont besoin de de silence. Pas forcément d’absence de sons ou de paroles… car c’est bien difficile de l’obtenir ! Mais de moments où ils expérimentent le silence intérieur. La prière est propice pour cela. Et nous trouvons aujourd’hui des petits livres qui proposent des moments de calme avec de la musique et des petits textes qui initient à la relaxation et à la prière. Parents, adultes qui accompagnons les enfants, sentons-nous à l’aise dans le silence, n’ayons pas peur des moments sans mots.

P – comme Processus

Reconnaître que la spiritualité est un processus, c’est renoncer à vouloir quantifier, vérifier, mesurer ce que les enfants « savent » de Dieu. C’est un véritable lâcher-prise, très difficile à faire ! Car n’attendons-nous pas toujours d’eux une production, un résultat que nous désirons juger comme satisfaisant et pour lequel nous allons les récompenser ? N’est-ce pas rassurant d’être sûr que les enfants ont « compris » ce que nous voulons qu’ils comprennent ? N’est-ce pas gratifiant qu’ils nous renvoient que nous avons bien réussi à « transmettre la foi » ? N’y a-t-il pas déjà trop de lieux où ils doivent prouver, justifier, montrer leurs connaissances ? Les enfants retiendront, de ce que nous leur donnons, ce dont ils auront besoin à ce moment-là, selon ce qu’ils sont en train de vivre ou d’expérimenter dans leur quotidien. Laissons-les vivre leur relation et ÊTRE avec Dieu librement. Contentons-nous de récolter les perles qu’ils ne manquent pas de nous offrir si nous y sommes attentifs.

Je me demande ce que les lettres R-I-T vont nous dire le mois prochain pour continuer à soutenir la spiritualité de l’enfant ?

*Rebecca Nye présente aussi cet accrostiche dans son livre La spiritualité de l’enfant, Comprendre et accompagner, Empreinte-temps présent, La Bégude de Mazenc, 2015.

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Soutenir la spiritualité de l’enfant

Caroline Baertschi-Lopez travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ® Elle est mariée, mère de deux adultes, grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

Les chroniques avant Noël ont présenté les qualités de l’enfant qui lui permettent d’être naturellement relié à Dieu, nommé aussi l’Être, la Transcendance, etc. Le petit a déjà une expérience de Celui qui EST présent dans sa vie intérieure. Avec l’acrostiche E-S-P-R-I-T* nous avons exploré ces qualités en nous demandant pour chacune d’elles comment soutenir et favoriser la spiritualité de l’enfant.Nous pouvons aussi continuer à nous amuser en reprenant ces lettres pour définir six critères qui encouragent la vie intérieure des enfants :

E – comme Espace

Il est essentiel que les enfants aient un espace physique pour eux, un lieu où ils se sentent bien, en sécurité, et où ils peuvent jouer et développer toutes les formes d’intelligences, parler et se savoir écoutés et entendus avec respect. Cela peut paraître évident dans le foyer familial même si ce n’est malheureusement pas toujours le cas.
Pour les moments de prière en famille prévus, l’aménagement d’un petit coin peut aider à se préparer, avec une bougie, une icône. L’espace intérieur est tout aussi important : demandons-nous, avec les enfants, comment pouvons-nous nous préparer pour être prêts ?
Et dans nos paroisses de Suisse Romande ? Je me demande quelle place est donnée aux enfants ? La catéchèse occupe souvent une grande place dans la pastorale, étant une des principales activités. Pourtant, combien de lieux offrent une salle uniquement réservée aux enfants ? Que je sache, pas beaucoup… Le plus souvent, on préfère garder les lieux pour les réunions d’adultes occasionnelles ou les locations. Les enfants sentent-ils qu’ils sont accueillis et bienvenus dans l’église en voyant par exemple des photos d’enfants aux murs, ou une place réservée pour eux pendant les célébrations ? Ont-ils du beau matériel, à leur portée, qui ne présente aucun danger, pour les laisser exprimer leur créativité ?
Pourquoi ce qui semble normal à la maison ne l’est pas dans les lieux d’église où on a aussi le souci de la vie spirituelle ?

S – comme Silence

Bon nombre d’adultes partent chercher du silence hors de la vie quotidienne bruyante et tumultueuse dans le désert, ou à la montagne, ou dans des monastères. Nous sentons combien il est vital pour notre équilibre et notre santé mentale. Les enfants aussi vivent aujourd’hui dans un monde encombré de sollicitations sonores, eux aussi ont besoin de de silence. Pas forcément d’absence de sons ou de paroles… car c’est bien difficile de l’obtenir ! Mais de moments où ils expérimentent le silence intérieur. La prière est propice pour cela. Et nous trouvons aujourd’hui des petits livres qui proposent des moments de calme avec de la musique et des petits textes qui initient à la relaxation et à la prière. Parents, adultes qui accompagnons les enfants, sentons-nous à l’aise dans le silence, n’ayons pas peur des moments sans mots.

P – comme Processus

Reconnaître que la spiritualité est un processus, c’est renoncer à vouloir quantifier, vérifier, mesurer ce que les enfants « savent » de Dieu. C’est un véritable lâcher-prise, très difficile à faire ! Car n’attendons-nous pas toujours d’eux une production, un résultat que nous désirons juger comme satisfaisant et pour lequel nous allons les récompenser ? N’est-ce pas rassurant d’être sûr que les enfants ont « compris » ce que nous voulons qu’ils comprennent ? N’est-ce pas gratifiant qu’ils nous renvoient que nous avons bien réussi à « transmettre la foi » ? N’y a-t-il pas déjà trop de lieux où ils doivent prouver, justifier, montrer leurs connaissances ? Les enfants retiendront, de ce que nous leur donnons, ce dont ils auront besoin à ce moment-là, selon ce qu’ils sont en train de vivre ou d’expérimenter dans leur quotidien. Laissons-les vivre leur relation et ÊTRE avec Dieu librement. Contentons-nous de récolter les perles qu’ils ne manquent pas de nous offrir si nous y sommes attentifs.

Je me demande ce que les lettres R-I-T vont nous dire le mois prochain pour continuer à soutenir la spiritualité de l’enfant ?

*Rebecca Nye présente aussi cet accrostiche dans son livre La spiritualité de l’enfant, Comprendre et accompagner, Empreinte-temps présent, La Bégude de Mazenc, 2015.

 

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