Prier ensemble à la maison

Bertrand Georges est diacre permanent et responsable de la pastorale familiale à Fribourg.
Papa de trois enfants, il est marié à Françoise

Je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leur voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,19). Deux ou trois ? Mais ce n’est pas beaucoup de monde ! Encore moins que dans une Messe en semaine ! Et ça suffit pour que Jésus soit présent au milieu de nous ? Oui. Si Jésus insiste tant sur ces deux ou trois, c’est peut-être pour que nous comprenions combien il veut demeurer au cœur de nos couples et de nos familles

Trop souvent, pour l’éducation à la foi de nos enfants, nous avons tendance à nous reposer sur les curés et les agents pastoraux. Ils sont pros et en plus ils sont payés pour ça ! C’est vrai qu’ils jouent un rôle décisif dans la transmission de la foi, pourtant, nos maisons peuvent être de véritables lieux de rencontre avec Dieu : « La famille chrétienne est le premier lieu de l’éducation à la prière. Elle est « l’Eglise domestique » où les enfants de Dieu apprennent à prier « en Eglise » et à persévérer dans la prière ». (CEC 2685). Il apparait donc que si la transmission est importante, l’imprégnation l’est tout autant. Une mère qui endort son petit en chantant un cantique le familiarise avec la présence de Dieu. De même si les parents sont dans l’action de grâce pour les évènements heureux et confient à Dieu leurs soucis, ou s’ils ont l’habitude de bénir le repas… Lorsque l’enfant vit dans un milieu où Jésus fait en quelque sorte partie de la famille, la relation avec Dieu lui apparaîtra comme naturelle.

« Si la famille parvient à se concentrer dans le Christ, il unifie et illumine toute la vie familiale » dit le pape François. (AL 227). Et il précise comment cela peut se réaliser : ‘‘La famille qui prie unie, demeure unie’. (AL 317). Mais parfois on ne le fait pas parce qu’on ne sait pas trop comment s’y prendre ». Alors voici quelques pistes :

1 -Un lieu qui rappelle que Jésus est là

Il est  bon d’avoir dans nos maisons, un petit lieu (sur une étagère …) réservé à la prière. Ce « coin prière » peut être aménagé et décoré de manière évolutive en fonction des temps liturgiques, des saisons…

2 – Ce qui favorise la prière

Un moment « vestiaire » où l’on peut déposer les préoccupations ou laisser tomber l’excitation est parfois nécessaire avant de commencer. Un bref temps de silence favorise le recueillement. Apaisement des yeux aussi, avec une lumière atténuée qui favorise l’intériorité (bougie).

Un beau signe de croix, fait lentement, avec respect, nous met en présence de Dieu. Certaine postures (mains jointes …) sont propices au recueillement.

Il est bon de faire participer les enfants à nos petites liturgies familiales. (Allumer les bougies, lire la prière, choisir les chants, jouer d’un instrument …).

Nos enfants comprendront l’importance de la prière si nous y sommes fidèles. La fidélité, c’est inscrire un engagement, un oui, une action positive, dans la durée. Se donner un rythme de prière (quotidien, hebdomadaire …) et s’y tenir. On peut aussi prévoir des démarches particulières en Avent et en Carême. Et bien sûr nourrir la prière familiale en participant aux célébrations de la communauté.

Tenir compte de l’âge des enfants. Avec des petits, il ne serait pas réaliste de vouloir vivre une longue prière entrecoupée de silences profonds … Un chant de pop louange conviendra bien aux ados.
Parfois on peut se rassembler au coin prière, d’autres fois, on donnera une bénédiction aux petits en les couchant, tout en les confiant à la Vierge Marie.

3 – Le contenu de la prière

On peut prier avec les psaumes (certains sont très accessibles aux enfants), ou d’autres passages de la Bible.
Les enfants entrent volontiers dans la prière spontanée : « Jésus, je t’aime », « merci Seigneur pour … ». Si l’enfant n’est pas prêt à les formuler lui-même, on peut l’inviter à répéter après nous. Petit à petit il se familiarisera avec cette manière de s’adresser à Dieu.

Ces prières courte et simple peuvent être suivies d’un « Notre Père » d’une dizaine de « Je vous salue Marie », de chants de louange …

Penser à prier les saints patrons des enfants : Claire peut dire « sainte Claire » et tout le monde répond : « priez pour nous », de même Louis … On trouve un résumé de la vie des saints et la date de leur fête sur le site : nominis.cef.fr

4 – Merci, pardon, s’il te plait

Ces trois dimensions si essentielles de la vie au quotidien, peuvent aussi tracer le déroulement de la prière familiale. Laisser le temps aux enfants (et aux parents aussi) de remercier, de demander pardon s’ils le désirent (sans ajouter de commentaires) et de confier une intention. Parfois le pardon demandé à Dieu ouvre à une démarche de pardon dans la famille.

Les enfants sont souvent fidèles dans l’intercession. Ne pas hésiter à leur confier des intentions : grandes causes de l’humanité, personnes qui sont dans l’épreuve, camarades de classe …

« La famille est l’Église domestique et doit être la première école de prière. […] Si l’on n’apprend pas à prier en famille, il sera ensuite difficile de réussir à combler ce vide. C’est pour cette raison que je voudrais vous adresser l’invitation à redécouvrir la beauté de prier ensemble comme famille. » Pape Benoît XVI

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Être là

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  Être là Hélène Constantin est formée en physiothérapie et en philosophie, mère au foyer et catéchiste. Photographe familiale, elle est maman de quatre enfants et mariée à Nicolas.Il y a quelques mois, je participais au lavement des pieds du jeudi saint, au côté...

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Bertrand Georges

PRIER ENSEMBLE À LA MAISON

Je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leur voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,19). Deux ou trois ? Mais ce n’est pas beaucoup de monde ! Encore moins que dans une Messe en semaine ! Et ça suffit pour que Jésus soit présent au milieu de nous ? Oui. Si Jésus insiste tant sur ces deux ou trois, c’est peut-être pour que nous comprenions combien il veut demeurer au cœur de nos couples et de nos familles

Trop souvent, pour l’éducation à la foi de nos enfants, nous avons tendance à nous reposer sur les curés et les agents pastoraux. Ils sont pros et en plus ils sont payés pour ça ! C’est vrai qu’ils jouent un rôle décisif dans la transmission de la foi, pourtant, nos maisons peuvent être de véritables lieux de rencontre avec Dieu : « La famille chrétienne est le premier lieu de l’éducation à la prière. Elle est « l’Eglise domestique » où les enfants de Dieu apprennent à prier « en Eglise » et à persévérer dans la prière ». (CEC 2685). Il apparait donc que si la transmission est importante, l’imprégnation l’est tout autant. Une mère qui endort son petit en chantant un cantique le familiarise avec la présence de Dieu. De même si les parents sont dans l’action de grâce pour les évènements heureux et confient à Dieu leurs soucis, ou s’ils ont l’habitude de bénir le repas… Lorsque l’enfant vit dans un milieu où Jésus fait en quelque sorte partie de la famille, la relation avec Dieu lui apparaîtra comme naturelle.

« Si la famille parvient à se concentrer dans le Christ, il unifie et illumine toute la vie familiale » dit le pape François. (AL 227). Et il précise comment cela peut se réaliser : ‘‘La famille qui prie unie, demeure unie’. (AL 317). Mais parfois on ne le fait pas parce qu’on ne sait pas trop comment s’y prendre ». Alors voici quelques pistes :

1 -Un lieu qui rappelle que Jésus est là

Il est  bon d’avoir dans nos maisons, un petit lieu (sur une étagère …) réservé à la prière. Ce « coin prière » peut être aménagé et décoré de manière évolutive en fonction des temps liturgiques, des saisons…

2 – Ce qui favorise la prière

Un moment « vestiaire » où l’on peut déposer les préoccupations ou laisser tomber l’excitation est parfois nécessaire avant de commencer. Un bref temps de silence favorise le recueillement. Apaisement des yeux aussi, avec une lumière atténuée qui favorise l’intériorité (bougie).

Un beau signe de croix, fait lentement, avec respect, nous met en présence de Dieu. Certaine postures (mains jointes …) sont propices au recueillement.

Il est bon de faire participer les enfants à nos petites liturgies familiales. (Allumer les bougies, lire la prière, choisir les chants, jouer d’un instrument …).

Nos enfants comprendront l’importance de la prière si nous y sommes fidèles. La fidélité, c’est inscrire un engagement, un oui, une action positive, dans la durée. Se donner un rythme de prière (quotidien, hebdomadaire …) et s’y tenir. On peut aussi prévoir des démarches particulières en Avent et en Carême. Et bien sûr nourrir la prière familiale en participant aux célébrations de la communauté.

Tenir compte de l’âge des enfants. Avec des petits, il ne serait pas réaliste de vouloir vivre une longue prière entrecoupée de silences profonds … Un chant de pop louange conviendra bien aux ados.
Parfois on peut se rassembler au coin prière, d’autres fois, on donnera une bénédiction aux petits en les couchant, tout en les confiant à la Vierge Marie.

3 – Le contenu de la prière

On peut prier avec les psaumes (certains sont très accessibles aux enfants), ou d’autres passages de la Bible.
Les enfants entrent volontiers dans la prière spontanée : « Jésus, je t’aime », « merci Seigneur pour … ». Si l’enfant n’est pas prêt à les formuler lui-même, on peut l’inviter à répéter après nous. Petit à petit il se familiarisera avec cette manière de s’adresser à Dieu.

Ces prières courte et simple peuvent être suivies d’un « Notre Père » d’une dizaine de « Je vous salue Marie », de chants de louange …

Penser à prier les saints patrons des enfants : Claire peut dire « sainte Claire » et tout le monde répond : « priez pour nous », de même Louis … On trouve un résumé de la vie des saints et la date de leur fête sur le site : nominis.cef.fr

4 – Merci, pardon, s’il te plait

Ces trois dimensions si essentielles de la vie au quotidien, peuvent aussi tracer le déroulement de la prière familiale. Laisser le temps aux enfants (et aux parents aussi) de remercier, de demander pardon s’ils le désirent (sans ajouter de commentaires) et de confier une intention. Parfois le pardon demandé à Dieu ouvre à une démarche de pardon dans la famille.

Les enfants sont souvent fidèles dans l’intercession. Ne pas hésiter à leur confier des intentions : grandes causes de l’humanité, personnes qui sont dans l’épreuve, camarades de classe …

« La famille est l’Église domestique et doit être la première école de prière. […] Si l’on n’apprend pas à prier en famille, il sera ensuite difficile de réussir à combler ce vide. C’est pour cette raison que je voudrais vous adresser l’invitation à redécouvrir la beauté de prier ensemble comme famille. » Pape Benoît XVI

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