Soutenir la spiritualité de l’enfant bouscule les habitudes

Caroline Baertschi travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ®
Elle est mariée, mère de deux adultes,  grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

 

Acrostiche E-S-P-R-I-T

L’acrostiche E-S-P-R-I-T* continue de nous servir de moyen mémo-technique pour soutenir, encourager la spiritualité de l’enfant.

Le mois dernier, le E a exploré l’Espace. Espace physique et aussi psychologique dans lesquels les enfants se sentent accueillis, aimés et en sécurité.

Le S a emmené dans le Silence si important à expérimenter avec eux.

Le P a invité à reconnaître la spiritualité comme un Processus, qu’il est difficile de percevoir et implique de faire confiance aux enfants et à Dieu.

Le R rappelle la Relation que nous vivons avec les enfants et qui a déjà été évoquée. Et la Responsabilité qui nous incombe, parents et éducateurs de veiller à sa qualité. On pourrait ajouter à cela de cultiver la bonne Relation au mystère. Les petits enfants sont familiers du mystère puisqu’ils ont tout à découvrir. Pour eux, il n’apparaît pas comme menaçant, ils ont une relation naturelle à l’inconnu. Or, si depuis tout petits ils entendent que les adultes n’ont pas réponse à tout et qu’ils acceptent qu’il y ait parfois une part de mystère qui ne sera jamais dévoilée, je me demande si cela leur permettra peut-être de ne pas rejeter en grandissant le Mystère divin irrationnel, lorsqu’ils auront oublié la relation naturelle qu’ils avaient avec lui.

Avec le I, retenons le mot Intuition. Accueillir les intuitions des enfants avec bienveillance leur permet d’être imaginatifs et espiègles. C’est souvent là que s’exprime l’enfant théologien. Laisser la priorité à la curiosité spirituelle et à la créativité des enfants ouvre des pistes de réflexion étonnantes. Avec cette notion d’enfant théologien, nous reconnaissons qu’ils ont une capacité de pensée et que leurs représentations de Dieu peuvent toucher et même enseigner les adultes. Par leur compréhension du mystère, ils ouvrent à une dimension que la raison de l’adulte a parfois oublié et qu’elle peut réactiver.

Avec le T, rappelons-nous que la spiritualité est un territoire privé et intime, celle des enfants aussi. Leur relation avec Dieu leur appartient. Aidons-les afin qu’ils se sentent à l’aise pour explorer leur vie intérieure et acceptons qu’ils s’expriment ou pas. Et si nous avons la chance de recevoir et partager leurs pensées, respectons la confidentialité de ce qui est partagé.

Habitudes bousculées

Vous aurez remarqué que soutenir la spiritualité des enfants bouscule les habitudes ! En effet, lorsque nous avons évoqué l’espace, nous avons constaté malheureusement que bien peu de lieux d’église en Suisse Romande possèdent des salles uniquement consacrées aux enfants. Expérimenter le silence demande de quitter les oreillettes et les écrans qui envahissent notre quotidien. Reconnaître la spiritualité comme un processus implique de renoncer à vérifier la foi de l’enfant pour être sûr qu’il mérite un sacrement, donc à renoncer aux vérifications des connaissances des enfants à propos de Dieu. N’en sommes-nous pas bien loin quand dans certains lieux on comptabilise la participation aux séances de caté ou aux messes dominicales !?

Quant à la relation au mystère, quelle place notre monde rationnel lui laisse-t-il ?

Et lorsque les intuitions et l’imagination des enfants s’expriment, n’avons-nous pas tendance à juger ces réactions ou réponses surprenantes et à les considérer comme des provocations et donc à les ignorer ?

Alors qu’en même temps nous cherchons à tout savoir de la relation de l’enfant avec Dieu. Mais cela n’appartient-il pas à Dieu et l’enfant seuls ?

Coup de vent

Oui, nos habitudes sont bousculées. Je me demande si ce n’est pas justement le propre de l’Evangile ? Jésus lui-même n’a-t-il pas étonné, dérangé par son comportement et ses paroles ? En accueillant les enfants, en s’approchant et en touchant des lépreux, en racontant des paraboles bien énigmatiques… Lorsque l’ESPRIT souffle, n’est-il pas comme un « violent coup de vent » (Ac 2,2) qui nous déplace ?

Vouloir soutenir la spiritualité de l’enfant, c’est aussi permettre de jouer. Bien sûr, jusqu’à l’âge de rentrer à l’école, les enfants passent leur temps à jouer. Mais ensuite ? et de quel JEU parle-t-on ?

A bientôt, dans une prochaine chronique…

*Rebecca Nye présente aussi cet accrostiche dans son livre La spiritualité de l’enfant, Comprendre et accompagner, Empreinte-temps présent, La Bégude de Mazenc, 2015.

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Soutenir la spiritualité de l’enfant bouscule les habitudes

Caroline Baertschi-Lopez travaille pour le Service Catholique de Catéchèse de Genève et comme formatrice Godly Play ® Elle est mariée, mère de deux adultes, grand-maman et auteure du livre « Les enfants, portiers du royaume »

Acrostiche E-S-P-R-I-T

L’acrostiche E-S-P-R-I-T* continue de nous servir de moyen mémo-technique pour soutenir, encourager la spiritualité de l’enfant.

Le mois dernier, le E a exploré l’Espace. Espace physique et aussi psychologique dans lesquels les enfants se sentent accueillis, aimés et en sécurité.

Le S a emmené dans le Silence si important à expérimenter avec eux.

Le P a invité à reconnaître la spiritualité comme un Processus, qu’il est difficile de percevoir et implique de faire confiance aux enfants et à Dieu.

Le R rappelle la Relation que nous vivons avec les enfants et qui a déjà été évoquée. Et la Responsabilité qui nous incombe, parents et éducateurs de veiller à sa qualité. On pourrait ajouter à cela de cultiver la bonne Relation au mystère. Les petits enfants sont familiers du mystère puisqu’ils ont tout à découvrir. Pour eux, il n’apparaît pas comme menaçant, ils ont une relation naturelle à l’inconnu. Or, si depuis tout petits ils entendent que les adultes n’ont pas réponse à tout et qu’ils acceptent qu’il y ait parfois une part de mystère qui ne sera jamais dévoilée, je me demande si cela leur permettra peut-être de ne pas rejeter en grandissant le Mystère divin irrationnel, lorsqu’ils auront oublié la relation naturelle qu’ils avaient avec lui.

Avec le I, retenons le mot Intuition. Accueillir les intuitions des enfants avec bienveillance leur permet d’être imaginatifs et espiègles. C’est souvent là que s’exprime l’enfant théologien. Laisser la priorité à la curiosité spirituelle et à la créativité des enfants ouvre des pistes de réflexion étonnantes. Avec cette notion d’enfant théologien, nous reconnaissons qu’ils ont une capacité de pensée et que leurs représentations de Dieu peuvent toucher et même enseigner les adultes. Par leur compréhension du mystère, ils ouvrent à une dimension que la raison de l’adulte a parfois oublié et qu’elle peut réactiver.

Avec le T, rappelons-nous que la spiritualité est un territoire privé et intime, celle des enfants aussi. Leur relation avec Dieu leur appartient. Aidons-les afin qu’ils se sentent à l’aise pour explorer leur vie intérieure et acceptons qu’ils s’expriment ou pas. Et si nous avons la chance de recevoir et partager leurs pensées, respectons la confidentialité de ce qui est partagé.

Habitudes bousculées

Vous aurez remarqué que soutenir la spiritualité des enfants bouscule les habitudes ! En effet, lorsque nous avons évoqué l’espace, nous avons constaté malheureusement que bien peu de lieux d’église en Suisse Romande possèdent des salles uniquement consacrées aux enfants. Expérimenter le silence demande de quitter les oreillettes et les écrans qui envahissent notre quotidien. Reconnaître la spiritualité comme un processus implique de renoncer à vérifier la foi de l’enfant pour être sûr qu’il mérite un sacrement, donc à renoncer aux vérifications des connaissances des enfants à propos de Dieu. N’en sommes-nous pas bien loin quand dans certains lieux on comptabilise la participation aux séances de caté ou aux messes dominicales !?

Quant à la relation au mystère, quelle place notre monde rationnel lui laisse-t-il ?

Et lorsque les intuitions et l’imagination des enfants s’expriment, n’avons-nous pas tendance à juger ces réactions ou réponses surprenantes et à les considérer comme des provocations et donc à les ignorer ?

Alors qu’en même temps nous cherchons à tout savoir de la relation de l’enfant avec Dieu. Mais cela n’appartient-il pas à Dieu et l’enfant seuls ?

Coup de vent

Oui, nos habitudes sont bousculées. Je me demande si ce n’est pas justement le propre de l’Evangile ? Jésus lui-même n’a-t-il pas étonné, dérangé par son comportement et ses paroles ? En accueillant les enfants, en s’approchant et en touchant des lépreux, en racontant des paraboles bien énigmatiques… Lorsque l’ESPRIT souffle, n’est-il pas comme un « violent coup de vent » (Ac 2,2) qui nous déplace ?

Vouloir soutenir la spiritualité de l’enfant, c’est aussi permettre de jouer. Bien sûr, jusqu’à l’âge de rentrer à l’école, les enfants passent leur temps à jouer. Mais ensuite ? et de quel JEU parle-t-on ?

A bientôt, dans une prochaine chronique…

*Rebecca Nye présente aussi cet accrostiche dans son livre La spiritualité de l’enfant, Comprendre et accompagner, Empreinte-temps présent, La Bégude de Mazenc, 2015.

 
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